Contractuelle dans l’éducation nationale.

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Pour moi, c’était il y a un moment maintenant, mais je me rappelle très bien des difficultés imposées par le statut. Depuis, j’ai passé et réussi le concours.

Bon courage à tous les contractuels !

Après une année passée à Vaulx-en-Velin, sans arrêt maladie pour dépression. Pour les non-initiés, cette charmante bourgade, c’est un peu de l’Alep, du Bagdad, du Telhaviv de l’académie. Bienvenue en zone sinistrée pour les bons jours et en zone de guerre pour les moins bons.

J’ai cru naïvement que cette rentrée le rectorat serait plus clément avec moi. Que nenni !!!!!! Je me retrouve sans temps complet et sur 3 établissements différents, respectivement à 13, 20 et 40 km de chez moi, l’un d’eux se situant dans la Loire.

Or quand on vit sur Lyon, la Loire, c’est….le bout du monde et surtout c’est gris, très gris. Qui plus est, quand on est Lilloise d’origine, et qu’on apprend que l’un des postes est dans le 42, on a l’impression d’être punie, c’est comme être envoyée en exil à Lens ou Liévin au milieu des corons. La Loire est au Rhône, c’est que le Pas de Calais est au Nord. Sauf que dans le Pas de Calais, il y a la mer toute en nuance de…gris.

Bref les frais de route n’étant pas remboursés, ne travaillant pas à temps complet, actuellement  si j’étais au chômage, je gagnerais environ 400 euros de plus par mois. Ne nous étonnons donc pas qu’il y ait autant de chômeurs en France, mais ceci est un tout autre sujet. Être contractuel, c’est découvrir la joie et le bonheur de travailler à perte.

A cela ajoutons le fait que je me retrouve professeure principale dans un établissement où je ne vais que deux fois par semaine. Fort heureusement « ma » classe ne nécessite pas un énorme investissement. Toujours est-il que lorsqu’on arrive dans un nouveau collège, une semaine après la rentrée, et deux jours avant la première réunion parents-professeur, et bien cette rencontre devient un vrai et un grand moment de solitude, je me suis vraiment sentie très stupide et incompétente. D’ailleurs, plus tard les parents me diront : « vous nous avez fait peur! »

Ajoutons encore que j’ai également une classe de 3é, parce que oui, il semble normal de mettre la réussite des élèves au Brevet des collèges entre les mains d’une contractuelle dont l’expérience avec ce niveau se résume à deux petites semaines deux ans auparavant. Certes, je suis consciencieuse néanmoins c’est une lourde responsabilité, non pas que le brevet soit un examen difficile (pour l’avoir corrigé l’année dernière, un bon sixième peut le passer) mais à la clé de cette année de troisième, il y a l’orientation.

Grand stress pour les professeurs principaux et chefs d’établissement, ce qui explique certainement pourquoi on m’a déjà demandé de remonter mes notes, car non, ce n’est pas aux élèves de travailler davantage mais aux enseignants de se montrer plus conciliants et de me rapprocher (ce qui signifie m’inspirer fortement) de mes collègues car je cite : « [je n’ai] pas le recul nécessaire pour savoir si ce que je fais est correct ou non ». J’ai donc proposé à une collègue de venir m’installer chez elle car c’est la seule manière dont je dispose pour être « plus proche » de mes collègues.

Ajoutons enfin à cela que, pour qui ne le sait pas encore, ce ne sont plus les professeurs qui décident, ni même les principaux mais les parents. Les parents choisissent les professeurs ou plus exactement font pression pour avoir un autre professeur pour leur cher enfant, ils maîtrisent ou plutôt croient maîtriser parfaitement le programme scolaire, décident si oui ou non le travail donné sera fait. Ainsi, une pétition a tourné pour que je ne sois plus professeure de la classe car mes horaires de cours ne les arrangeaient pas.

Il est bien sûr évident que mon manque de flexibilité n’est que le fruit de ma mauvaise volonté et certainement pas de ma présence sur trois collèges ! La pétition n’ayant rien donné, certains élèves ont eu la consigne de me faire « craquer » afin qu’un nouvel enseignant soit nommé. Dernièrement, j’ai appris que le travail donné pour les vacances ne serait pas fait car il a été jugé trop difficile. Oui les valeurs du présent et les phrases simples et complexes, c’est dur. Ben voyons. Je comprends néanmoins que tout semble hors de portée quand la majorité de la classe ne sait pas ce qu’est le présent de l’indicatif.

Le français est une langue en voie de disparition et les enseignants des pions. Avec ça, on va aller loin !

Résultat CAPES interne : le suspense est à son comble….

ImageVous vous demandez tous et toutes (si, si, j’en suis sûre) si je suis admissible au capes ! Comme moi, vous avez vécu cette journée avec angoisse (comment ça non ?!?).

A partir de ce matin, 10h, je n’ai cessé d’aller sur le site publinet en espérant voir s’afficher les résultats tant attendus.

Alors que j’avais réussi à me convaincre qu’il était impossible que mon travail suffise, une collègue d’anglais m’a dit que cette année, leur admissibilité était à 5.5/20. Je me suis donc mise à rêver.

Malheureusement, en lettres, nous sommes bons par conséquent l’admissibilité est bien plus haute : 9.5/20. Avec mon 8/20, ça ne passe donc pas. Si près du but, j’ai presque réussi à palper ce sentiment de fierté qui accompagne la réussite…

Depuis je positive. J’ai bien progressé. Je l’ai fait à l’arrache donc 8/20 est une note honnête. Mieux vaut échouer que d’être admissible de justesse, cela évite de se prendre une claque à l’oral.

Maintenant une grande question se pose, la grande question !

Où vais-je partir en vacances en avril ?

A ce sujet, si les États-Unis et la Corée pouvaient cesser de jouer à « qui a la plus grosse », ça m’arrangerait bien car qui sait si je ne pourrais pas décoller pour NYC ?

Croisons les doigts…

publinet Capes interne

Today is THE day.

Aujourd’hui, les résultats du Capes interne doivent sortir.

Il n’y a que 100 postes. J’ai fait et rendu mon dossier à l’arrache.

Pourtant j’espère.

Et si j’étais admissible ? Sur un malentendu, on ne sait jamais.

Commenceraient alors deux longues semaines de révisions, de stress et de crise d’angoisse. Mais aussi deux semaines d’espoir. Un compte à rebours débuterait. Deux semaines pour faire basculer ma vie. Deux semaines pour me prouver que je peux y arriver.

Au mieux, les résultats vont tomber à 10h. Je suis en cours. J’ai accés au net jusqu’à 12h. Après plus rien jusqu’à ce soir. Pas de chance, j’ai un conseil de classe. Donc pas de salut avant 18h.

Que la journée va être longue.

Rien que le fait d’être admissible serait une énorme satisfaction, ça me donnerait l’occasion de m’essayer aux oraux et pourquoi pas de les réussir. Ca serait une étape de franchie.

Et si c’est un échec ?

2 jours pour m’en remettre et le 15 prochains pour préparer mes vacances de Pâques !

Ne perdons pas le nord ! 😉