Celle qui était une athlète de petit niveau.

En bonne nordiste que je suis, à l’âge de six ans, au grand damne de mon père, j’ai voulu devenir majorette. Ma mère, moyennement convaincue dans ma capacité à jeter le bâton, m’a proposé une sorte de deal : « tu essaies la gym pendant un an, si ça ne te plaît pas, on t’inscrit chez les majorettes ».

Soyons fou !

J’ai commencé la gym, une véritable passion, une addiction était née.

Quand je parle de gym, je parle de la seule, la vraie, l’unique, la gymnastique artistique féminine, la GAF, celle de Nadia Comaneci.

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Ma première année a été en demie teinte, c’était surtout de la gym loisir. Un des entraîneurs m’a conseillé de changer club. Aussitôt dit, aussitôt fait, me voilà à l’Espérance de Marcq en Baroeul en mode compétition.

Malgré tout le respect que je porte à ce cher Pierre de Coubertin dont la devise est

« L’important, c’est de participer.  »

j’ai préféré appliquer la mienne : « s’entraîner, participer, gagner », je n’ai donc pas tardé à faire mes premiers podiums.

Malgré un esprit de compétition ultra développé, j’ai toujours été la réincarnation du fairplay (fairplay ne signifie pas modeste !). Si je n’ai pas gagné, c’est qu’il y avait meilleur que moi ou que j’ai été franchement mauvaise, respectons, apprécions et applaudissons les beaux exercices et les gagnants.

Mais soyons honnête, tout n’a pas toujours été rose. J’ai eu de gros moments de doute, beaucoup de larmes ont été versées, j’ai souvent voulu abandonner. Mais l’envie d’aller toujours plus haut, de voltiger, de voler était plus forte. Le film Nadia m’a énormément apporté. Je ne me suis jamais vue championne olympique, mon club, ma taille et mon caractère ne tendaient pas vers ce genre d’exploit mais une petite phrase prononcée par Bela Karolyi : « Crois-tu qu’une petite fille peut arriver à voler ? » m’a inspirée et guidée. J’avais un but, toucher le sol le moins souvent possible !

http://www.youtube.com/watch?v=hj8t28vL7jg

La gymnastique est un sport difficile. Il faut être très musclé, être technique (surtout quand on fait 1m74), être souple. Ça demande constance, rigueur et volonté mais aussi un petit grain de folie car rappelons-le, une poutre ne fait que dix tout petits centimètres de large, faire un salto et atterrir tout en douceur et légèreté sur ce morceau de bois n’a rien de naturel.

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Quelle idée de vouloir défier la gravité ? Il arrive parfois que Newton se venge et nous rappelle à l’ordre. Dans mon cas, les sanctions ont été diverses et variées : entorses des poignées, des chevilles, des cervicales, tassement de vertèbres, déplacement de vertèbres, micro-fractures, côtes cassées.

En 15 ans, j’ai eu un très beau palmarès : 10 plâtres et deux opérations.

La passion reste pourtant intacte puisque j’entraîne depuis l’âge de 13 ans et après une pause de quelques années, j’ai, aujourd’hui, une équipe dans un club lyonnais depuis 3 ans, bien sûr j’aime toujours gagner mais j’ai aussi appris à « mes petites » à avoir un bon état d’esprit, je refuse d’entendre : « ouais !!! » quand une concurrente tombe, je n’accepte pas qu’elles fassent la tête en cas d’échec, comme je leur dis souvent, il faut savoir perdre avec classe, je les veux combattive, une chute n’est pas une fin en soi, même aux jeux olympiques, on voit des chutes, mais je n’admets pas qu’elles se laissent tomber, j’exige qu’elles accrochent, luttent, résistent avant. J’entretiens l’esprit d’équipe, bien qu’un classement individuel existe, cette dernière prime, alors on s’encourage, on se soutient, on se réconforte, on se félicite. Je refuse les messes basses et l’hypocrisie, je tiens à la cohésion de ce groupe. On grandit, on évolue, on progresse, on gagne, on perd ensemble. Grosse pression sur leurs frêles épaules. Mais le jour J, l’important est de respecter les bases : jambes tendues, pointes, bras placés. Sur ces points-là, aucune erreur n’est acceptée, le reste n’est que bonus. Il s’agit maintenant  de donner le meilleur de soi et de se faire plaisir car la gym doit rester un plaisir et avant chaque compétition, nous faisons une petite prière : « Au nom de la poutre, du sol, de la barre, et du saut de cheval, Pierre de Coubertin, Amen ». Simple et pour le moment, très efficace ! 😉

Soupir…

J’aime la gym depuis maintenant 24 ans, c’est ma plus longue histoire d’amour.

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