Le Cadre noir et moi.

12Article de 2014

Avec Maman, on fait le cheval. Jusque là, rien de plus banal me direz-vous…

Comme je suis le mâle dominant, il est normal que ce soit moi le cavalier. Je vous vois d’ici opiner. Parfait. Je continue donc mon histoire.

Sauf qu’à la maison à chaque fois que je monte sur mon fidèle destrier, enfin sur mon palefroi pour être exact, l’ouverture de l’Opéra de Rossini, « Guillaume Tell » se met à résonner à mes chastes oreilles. Et je dois bien admettre que j’adore ça.

Alors que la plupart des enfants accompagne leurs premières chevauchées d’un pauvre : « A dada, sur mon cheval… », moi, Henri C. premier du nom, je galope au rythme de Rossini.

Je sais, c’est la classe !

C’est pourquoi, je me suis fait une note pour plus tard : Point de poney, manège, et autre carrousel, pour moi ce sera directement le Cadre Noir.

Je dois dire que cette idée ravit Papa et Maman car depuis ils ne parlent plus que de Saumur et de son vin, il paraît que c’est du lait pour adultes ! Vous croyez que je vais devoir leur prêter mes biberons ?

Allez comme je suis un gentil bébé, rien que pour vous, voici l’ouverture de « Guillaume Tell » : Tadadam tadadam tadadamdam

Vous n’avez pas reconnu ? C’est pourtant ainsi que Maman la chante !

Gratin dauphinois

Le meilleur gratin dauphinois que j’ai eu la chance de manger ! Une tuerie ! N’hésitez pas à me faire un retour.

Temps de préparation: 20 Minutes

Temps de cuisson: 70 Minutes

Temps total: 1 Heure 30 Minutes

 

Ingrédients

1 gousse d’ail
pommes de terre
sel, poivre, muscade
gruyère
beurre
lait
Un plat allant aussi bien sur votre feu qu’au four

Instructions

Frottez d’ail un plat en terre cuite
Épluchez puis coupez des pommes de terre en rondelles de 3 mm
Disposez une première couche dans le plat
Assaisonnez de sel, poivre et muscade
Couvrez de gruyère et recommencez plusieurs fois l’opération en terminant par du gruyère
Mouillez le tout de lait bouilli tiède
Parsemez de beurre
Sur le feu, faites repartir l’ébullition
Puis mettez le plat au four recouvert d’un papier beurré

Faire cuire environ 1 heure

Retirez le papier et laissez gratiner une dizaine de minute

Régalez-vous !

Contractuelle dans l’éducation nationale.

education

Pour moi, c’était il y a un moment maintenant, mais je me rappelle très bien des difficultés imposées par le statut. Depuis, j’ai passé et réussi le concours.

Bon courage à tous les contractuels !

Après une année passée à Vaulx-en-Velin, sans arrêt maladie pour dépression. Pour les non-initiés, cette charmante bourgade, c’est un peu de l’Alep, du Bagdad, du Telhaviv de l’académie. Bienvenue en zone sinistrée pour les bons jours et en zone de guerre pour les moins bons.

J’ai cru naïvement que cette rentrée le rectorat serait plus clément avec moi. Que nenni !!!!!! Je me retrouve sans temps complet et sur 3 établissements différents, respectivement à 13, 20 et 40 km de chez moi, l’un d’eux se situant dans la Loire.

Or quand on vit sur Lyon, la Loire, c’est….le bout du monde et surtout c’est gris, très gris. Qui plus est, quand on est Lilloise d’origine, et qu’on apprend que l’un des postes est dans le 42, on a l’impression d’être punie, c’est comme être envoyée en exil à Lens ou Liévin au milieu des corons. La Loire est au Rhône, c’est que le Pas de Calais est au Nord. Sauf que dans le Pas de Calais, il y a la mer toute en nuance de…gris.

Bref les frais de route n’étant pas remboursés, ne travaillant pas à temps complet, actuellement  si j’étais au chômage, je gagnerais environ 400 euros de plus par mois. Ne nous étonnons donc pas qu’il y ait autant de chômeurs en France, mais ceci est un tout autre sujet. Être contractuel, c’est découvrir la joie et le bonheur de travailler à perte.

A cela ajoutons le fait que je me retrouve professeure principale dans un établissement où je ne vais que deux fois par semaine. Fort heureusement « ma » classe ne nécessite pas un énorme investissement. Toujours est-il que lorsqu’on arrive dans un nouveau collège, une semaine après la rentrée, et deux jours avant la première réunion parents-professeur, et bien cette rencontre devient un vrai et un grand moment de solitude, je me suis vraiment sentie très stupide et incompétente. D’ailleurs, plus tard les parents me diront : « vous nous avez fait peur! »

Ajoutons encore que j’ai également une classe de 3é, parce que oui, il semble normal de mettre la réussite des élèves au Brevet des collèges entre les mains d’une contractuelle dont l’expérience avec ce niveau se résume à deux petites semaines deux ans auparavant. Certes, je suis consciencieuse néanmoins c’est une lourde responsabilité, non pas que le brevet soit un examen difficile (pour l’avoir corrigé l’année dernière, un bon sixième peut le passer) mais à la clé de cette année de troisième, il y a l’orientation.

Grand stress pour les professeurs principaux et chefs d’établissement, ce qui explique certainement pourquoi on m’a déjà demandé de remonter mes notes, car non, ce n’est pas aux élèves de travailler davantage mais aux enseignants de se montrer plus conciliants et de me rapprocher (ce qui signifie m’inspirer fortement) de mes collègues car je cite : « [je n’ai] pas le recul nécessaire pour savoir si ce que je fais est correct ou non ». J’ai donc proposé à une collègue de venir m’installer chez elle car c’est la seule manière dont je dispose pour être « plus proche » de mes collègues.

Ajoutons enfin à cela que, pour qui ne le sait pas encore, ce ne sont plus les professeurs qui décident, ni même les principaux mais les parents. Les parents choisissent les professeurs ou plus exactement font pression pour avoir un autre professeur pour leur cher enfant, ils maîtrisent ou plutôt croient maîtriser parfaitement le programme scolaire, décident si oui ou non le travail donné sera fait. Ainsi, une pétition a tourné pour que je ne sois plus professeure de la classe car mes horaires de cours ne les arrangeaient pas.

Il est bien sûr évident que mon manque de flexibilité n’est que le fruit de ma mauvaise volonté et certainement pas de ma présence sur trois collèges ! La pétition n’ayant rien donné, certains élèves ont eu la consigne de me faire « craquer » afin qu’un nouvel enseignant soit nommé. Dernièrement, j’ai appris que le travail donné pour les vacances ne serait pas fait car il a été jugé trop difficile. Oui les valeurs du présent et les phrases simples et complexes, c’est dur. Ben voyons. Je comprends néanmoins que tout semble hors de portée quand la majorité de la classe ne sait pas ce qu’est le présent de l’indicatif.

Le français est une langue en voie de disparition et les enseignants des pions. Avec ça, on va aller loin !

Chou à la flamande

Les recettes du Nord, toute mon enfance.

Temps de préparation: 30 Minutes

Temps de cuisson: 70 Minutes

Temps total: 1 Heure 40 Minutes

Ingrédients

1 chou rouge
2 oignons
2 grosses tranches de lard fumé
3 pommes
1 cuillère à soupe d’huile, sel et poivre
1 pincée de noix de muscade
1 cuillère à soupe de vinaigre
1 cuillère à soupe de cassonade
1 verre d’eau

Instructions

Retirez les premières feuilles et coupez le chou en 4.
Enlevez les grosses et intérieur du trognon.
Ciselez en julienne.
Faites revenir le lard coupé en morceaux sans la couenne, ajoutez les oignons émincés
Lorsque les oignons deviennent translucides, ajoutez la julienne de chou poignée par poignée
Laissez cuire une peu et s’imbiber de la graisse avant de mettre la suivante.
Pelez et épépinez 3 pommes en fines lamelles sur le chou au dessus de la cocotte afin qu’elles ne brunissent pas.
Mouillez d’un filet de vinaigre
Ne mélangez pas les pommes et le chou
Laissez mijoter sur feu doux avant de saupoudrer de cassonade.
Mélangez, ajoutez 1 verre d’eau, le sel, le poivre et de la noix de muscade râpée.
Mettez un couvercle
Faites cuire à feu doux environ 1 heure à 1 heure 30, vérifiez la cuisson et rajoutez un peu d’eau si besoin.
A la fin de la cuisson, le jus doit être évaporé.

Notes

Attention à ne pas confondre sucre de canne et cassonade !!!
Il s’agit ici de vergeoise !

Régalez-vous !

Paul : celui qui était une blague péruvienne. (Part 1)

Les blagues les plus courtes sont-elles toujours les meilleures ?

Octobre 2017 : Je viens de me faire jeter d’être remerciée par Jules. Moral dans les ballerines.

Il faut que je m’occupe l’esprit. Par conséquent, je réinstalle Tinder et Happn.

Après une rupture, il faut impérativement remonter de suite en selle. Attendre est une mauvaise idée. Cela pourrait vous permettre de vous remettre de vos émotions et d’apprécier avec recul les rencontres à venir. Donc on évite !

Tiens si je jouais à la nouveauté que propose Happn ? C’est parti pour Crush Time.
Essayer un concept que l’on trouve ridicule ne peut être que constructif.

Crush avec un Paul (même prénom que mon futur ex mari, je fonce, c’est forcément lui, j’entends déjà les cloches de l’église).

J’aime bien son pull. Ah, il est cuisinier. Visiblement, capillairement parlant il se cherche. Pourquoi ne sourit-il pas ? Aurait-il des problèmes dentaires ? J’aime bien son pull !

Je zappe.

Heureusement lui a davantage d’instinct que moi et m’envoie un, deux, puis trois messages.

CC, ne fais pas la sauvage, sois polie, sociable, urbaine et réponds lui !

Dis donc, c’est qu’il est sympa, drôle et avec de l’esprit. Mêmes références débiles. Cool avec lui je vais me marrer.
En plus, il vit à Limas*, au Pérou. La porte à côté ! Parfait pour construire une relation durable. Et il a deux filles et un métier prenant.
Cela semble bien compliqué et totalement inadapté à mon mode de vie. Ouais, ça va le faire.

First date : Mais il est tout petit !!!!! N’avait-il pourtant pas annoncé 1m80 ? Voire un peu plus ? Je n’ai pas l’âme de Blanche Neige, moi ! Passons.

 

A suivre…

Rendez-vous jeudi prochain ! Et n’hésitez pas à me laisser un petit commentaire.

 

 

*Lima : Pérou; Limas : Rhône Alpes.

Gratin picard

La chtie qui est en moi est ravie de partager cette recette avec vous.

Temps de préparation: 25 Minutes

Temps de cuisson: 40 Minutes

Temps total: 1 Heure 5 Minutes

Ingrédients

2 gros poireaux
5 pommes de terre
100g de crème fraîche
50g de gruyère
Lait
Beurre
Sel et poivre
1 tranche épaisse de jambon

Instructions

Faites cuire 10 minutes les poireaux coupés en rondelles dans ½ litre d’eau salée
Faites cuire les pommes de terre épluchées et coupées en morceaux
Égouttez les poireaux en réservant l’eau de cuisson
Faites une purée avec les pommes de terre cuites et égouttées en ajoutant un peu de lait et un peu de jus de poireaux
Ajoutez un morceau de beurre, du sel et du poivre
Beurrez un plat à gratin
Placez la purée, recouvrez des poireaux bien égouttés et du jambon coupé en dés.
Nappez de crème fraîche, parsemer de gruyère et faites gratiner au four.

Régalez-vous !

Une pomme, un couteau, et mon doigt.

Fin d’après-midi, un bruit venu du plus profond de mes entrailles se fait entendre : j’ai faim. J’ai toujours faim. Je ne suis pas une petite fille, je suis un estomac sur patte, enfin plutôt sur pied.

Dans la cuisine, une belle pomme m’appelle. Elle est toute en rondeur, mais ferme, la peau lisse, le teint dorée. Je la devine sucrée et juteuse. Gourmande que je suis, je ne peux lui résister. Je décide de prendre un couteau et de l’ouvrir pour accéder directement à sa chair prometteuse. J’appuie délicatement la lame du couteau sur le fruit défendu, lentement elle pénètre en son corps, glisse.

Et là ? C’est le drame. Sous la pomme,  mon doigt.

La plaie est profonde. Le sang se répand. Mes parents sont dehors en train de discuter avec notre voisine. Je pourrais les appeler, mais je n’en fais rien. Hors de question d’admettre que je me suis laissée tenter.

Du haut de mes huit ans, je sais qu’il m‘est défendu de me servir seule d’un couteau, l’appel de la chair a été plus forte. J’ai fauté, la sanction a été immédiate. Je serre ma main très fort. J’ai mal. Ma douleur a besoin de s’exprimer, de sortir, d’être évacuée. Je décide donc de courir autour de la table à manger qui se trouve dans le salon. Dieu merci, elle est ronde, face à une table carrée, je n’aurai pas eu la force d’entreprendre cette course aussi effrénée qu’inutile.

Mes parents rentrent, me voient, s’inquiètent. « Pourquoi donc notre fille tente-t-elle de creuser une tranchée dans le salon ? », me disputent et m’emmènent en urgence à la pharmacie. Plus de peur que de mal.

Vingt années se sont écoulées. Aujourd’hui encore, sur mon doigt, le stigmate de ma gourmandise.

Moralité de l’histoire, si convoiter et mordre dans le fruit défendu ouvre les yeux, convoiter et couper une pomme Golden, ouvre le doigt.

Gratin de poireaux au pomme de terre

Un petit gratin de saison qui réchauffe le cœur.

Temps de préparation
20 Minutes

Temps de cuisson
30 Minutes

Temps total
50 Minutes

Ingrédients

500 g de poireaux
5 ou 6 pommes de terre (selon votre goût)
100 g de crème fraîche
sel, poivre, muscade
gruyère
jus de cuisson

Instructions

Blanchissez les blancs de poireaux à l’eau bouillante
Cuisez les pommes de terre dans leur peau 15 mn
Épluchez-les et coupez-les en rondelles
Rangez le tout dans un plat à gratin beurré
Mélangez la crème fraîche avec 3 cuillères de jus de cuisson
Salez, poivrez, muscadez
Saupoudrez de gruyère

Gratinez le tout pendant 15 mn

Régalez-vous !

Un prénom à dormir dehors.

Le prénom

Article de 2014

Henri, mais pourquoi Henri ? Suis pourtant un gentil bébé ! Alors pourquoi mes parents m’ont-ils affublé d’un nom pareil ?! Pas par amour, en tout cas ! Impossible.

On est en 2014, alors j’étais sûr d’avoir un prénom sympa comme Lucas ou Nathan. Mais non, mes chers parents ont décidé de me faire naître avec un petit handicap. Bon, bien sûr, quand on me voit, cela paraît immédiatement plus juste. Je suis tellement souriant, beau, gentil, intelligent, et modeste qu’il fallait bien me coller une petite tare pour rééquilibrer la donne !

Ma mère a toujours pensé que si elle avait un garçon, elle l’appellerait Arthur, Louis. Visiblement elle a un problème relationnel avec les noms de roi mais bon, ça restait dans l’air du temps. Elle aimait aussi Victor, Hugo, d’ailleurs si elle avait eu des jumeaux, elle les aurait appelés Victor et Hugo, les pauvres, les misérables…

Papa lui aimait Victor, logiquement j’aurais donc dû me nommer Victor mais Maman et la logique….

Un beau matin, elle s’est réveillée et avait décrété que mon prénom serait Henri. Mon destin était scellé. Papa a bien essayé de se rebeller, il n’aimait pas Henri mais les larmes de Maman ont eu raison de lui. Le faible… Faut dire que son argumentaire était redoutable : « Victor, c’est dur, et dans notre nom, il y a déjà un C et un R, ça sonne méchant alors que notre bébé sera un amour et Henri c’est tellement doux… » et blablablabla. Le faible !!

Mère étant fan du film Le Prénom, ça pourrait venir de là mais non, même pas.  Son Henri à elle, c’est-à-dire moi, viendrait d’une comédie romantique américaine : Hors du temps, The time traveler’s wife pour les initiés.

Le personnage principal s’appelle Henri et l’héroïne prononce soi-disant ce prénom avec tant de douceur et tant d’amour qu’il en devient beau.

Autrement dit, j’ai bel et bien un prénom à dormir dehors mais si on le dit avec douceur et amour, sur un malentendu, il peut devenir beau. Merci Maman !

Bon, j’avoue que jusqu’à ma naissance, j’ai espéré un sursaut de lucidité de mon père. Du côté, de ma mère, c’était perdu d’avance, entre les hormones, la péridurale et les 19 h que j’ai passé à lui faire croire que je voulais sortir, je ne pouvais pas espérer de sa part quoique ce soit. Mais mon père… Ce fut ma première déception. Le Faible est devenu carrément un Traître car lorsqu’il m’a vu ma petite bouille d’amour, il a osé dire et là, tenez-vous bien, asseyez-vous : « Il n’a pas une tête à s’appeler Victor, Louis à la limite mais pas Victor. » J’en ai hurlé !

5 mois plus tard, force est de constater que je me suis bien habitué à mon prénom à dormir dehors, il faut dire que Papa et Maman le disent avec tant de douceur et d’amour…